Qu'est-ce que la dépendance affective?

Au début, la dépendance apporte beaucoup car elle est fusionnelle et le sentiment d’aimer et d’être aimé est grisant. Puis la sensation de bienêtre diminue et c’est là qu’arrive l’impression d’étouffer. C’est alors qu’on trouve l’autre envahissant et, en même temps, on se demande ce qui se passe s’il se manifeste moins.

Des signes que vous vivez une situation de dépendance affective

Une personne dépendante affective peut avoir une seule de ces manifestations comme elle peut en avoir plusieurs :

  • Besoin constant de la présence de l’autre;
  • Besoin constant de l’approbation des autres;
  • Sensation que la relation est devenue étouffante, pour l’un ou pour les deux;
  • Impression que les demandes des autres sont excessives par rapport à ce qu’ils me donnent;
  • Crainte d’être seule;
  • L’accumulation des échecs amoureux;
  • Manque de confiance en soi;
  • Besoin d’être rassurée, consolée et admirée;
  • Impression de ne pas être libre et d’étouffer dans la relation de couple.
Avec les réseaux sociaux, le besoin continuel de contact accentue la dépendance de plusieurs et crée un état de manque.

La dépendance affective est comme toutes les autres dépendances : un besoin auquel il est difficile de résister et qui nous nuit au point de gâcher notre vie dans bien des cas. Tout a concordé dans l’histoire de l’humanité pour favoriser la dépendance affective (couches sociales, rapports de pouvoir, employeurs tout puissants, parents exigeants et parfois violents, conjoints abuseurs…) et ces abus étaient acceptés socialement car ils allaient de soi. Ce pouvoir les femmes l’ont doublement subi, mais plusieurs hommes en ont également été victimes.

La dépendance économique

Pour bien comprendre, prenons l’exemple de la dépendance économique. À une époque pas si lointaine, les femmes, n’ayant pas accès à un travail qui permettait de recevoir un salaire décent, dépendaient des hommes qui devaient pourvoir à leurs besoins : père, frère, puis mari. Donc la survie des femmes dépendait du bon vouloir des hommes de sa vie. Ainsi, les femmes et leurs familles recherchaient un bon parti, gage d’une vie confortable. De nos jours, les femmes ont accès à l’autonomie financière. Pourtant, même parmi celles qui l’ont atteinte, certaines restent sensibles à l’ampleur du compte en banque de leur aspirant partenaire, comme si elles étaient dans l’incapacité de combler leurs propres besoins économiques par elles-mêmes.

La dépendance affective

Voyons ce qui se passe si on transpose cette situation à la dépendance affective. L’enfant devenu adulte cherche à retrouver le bienêtre de l’amour qui le rassurait et le comblait dans l’enfance. S’il n’a pas eu cet amour, comme c’est mon cas, il le sublime et cherche à le vivre, à le créer, avec un-e partenaire, comme on cherche un remède miracle pour soulager notre douleur.

Pour la personne dépendante affective, ce besoin devient une quête, un objectif à atteindre, quel qu’en soit le prix. Alors que la personne non-dépendance prendra le temps de choisir ses relations avec discernement, en tenant compte du pour et du contre, la personne dépendante agira avec un sentiment d’urgence, idéalisera et amplifiera le positif et elle donnera peu de crédit au négatif de la personne qui lui manifeste de l’intérêt. Elle se dit qu’elle l’aimera tellement et comblera ses lacunes au point qu’il ne pourra que s’améliorer. Puis quand l’étape de la séduction, où on fait mousser sa meilleure version, s’atténue on se sent dépossédée. « Tu n’es plus comme avant, tu ne m’aimes plus…. »

Voyant qu’il ne s’améliore pas, au contraire, elle restera pour des miettes, par peur de ne pas avoir d’autres opportunités de trouver mieux. Elle se dira que n’importe qui, c’est mieux que personne. Elle élèvera son seuil de tolérance plutôt que de porter l’odieux de mettre un terme à une situation insatisfaisante. Elle percevra souvent cette situation comme un échec dont elle se sent responsable (si je n’avais pas fait ça, si j’étais plus ça, moins ça etc).

La décision de la rupture viendra souvent de l’autre. La personne dépendante affective sait que la relation est un échec mais elle ne peut se résoudre à y mettre fin. Elle ne veut pas être la cause de chagrin et de faire vivre du rejet, émotions qu’elle connait bien. Cette façon de voir sa situation cacherait-elle la peur du vide? Au point qu’elle préfère être une victime plutôt que de se respecter, et respecter l’autre, en mettant fin à une relation insatisfaisante?

Quand ça se produit, notre raison sait qu’elle devrait mettre un terme à cette relation qui nous fait perdre notre temps et dilue nos espoirs, mais, émotivement, la peur de ne trouver personne qui peut nous donner quelque chose, même peu, nous freine. Nous contrôlons nos déceptions en nous accrochant à tout ce qui est positif et à la moindre attention, car nous connaissons cet état d’âme pour l’avoir vécu une grande partie de notre vie, et le connu rassure.

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Conférence sur la dépendance affective

Blandine se déplace dans votre organisme pour éveiller et motiver vos membres.

Thèmes de conférences

Blandine Soulmana

Blandine Soulmana

Auteure et conférencière professionnelle

Qui est Blandine Soulmana ?

Arabe de par son père et européenne de par sa mère, Blandine a vécu une enfance extrême. Mariée à 15 ans et maman à l’adolescence, femme battue et emprisonnée, privée de son enfant, elle a su se reconstruire et partir à la conquête d'elle-même et du monde.

Depuis plus de 15 ans, Blandine est conférencière Québec. Ses conférences et consultations portent sur la résilience, l'importance de parler de sa souffrance, de développer son optimisme, de retrouver l'enthousiasme de vivre, d'arriver à pardonner et parfois de trouver le chemin pour se reconstruire.