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Ne me quitte pas...

Ne me quitte pas...

Vivre, c'est prendre son courage à deux mains et aller de l'avant

La peur de l'abandon est rarement mortelle à court terme, mais elle peut empoisonner la vie à très long terme si nous lui laissons prendre le contrôle

Tout va bien dans le meilleure des mondes. Tout semble sous contrôle. Puis, une remarque vaguement désobligeante, une légère hésitation, une petite impatience ou même des faits dictés par l'imagination - cette folle du logis - viennent contaminer un équilibre précaire. Puis, mon self-control se lézarde à grands coups de "SI". S'il cessait de m'aimer? S'il tombait amoureux d'une autre? Si je perdais mon emploi? Si ma grande amie en avait assez de moi? Si une personne que j'aime coupait les ponts ou mourrait? Si j'attirais l'une ou plusieurs calamités dont j'élabore de multiples scénarios?

À grands coups de si, la peur, qui couvait sous les cendres, explose et calcine toute pensée positive. Pire, il arrive que l'abandon, à la fois redouté et attendu, se produise. Alors, rien ne va plus dans ce monde menaçant. Les points de suture de la plaie, en apparence guérie, cèdent. Ce n'est pas un abandon de plus, mais la somme de tous ceux qui se sont succédés. L'hémorragie du désespoir, de l'accablement, du chagrin, de la colère, et de la trahison culmine dans une douleur intolérable.

Apprivoiser sa vulnérabilité

Je sais combien ces questionnements peuvent générer de la souffrance, car j'ai eu à accepter, à apprivoiser et à vaincre cette fragilité. Il s'agit d'une vulnérabilité de naissance. On m'a déposée dans la couveuse avec ma jumelle pour que je ne sois pas seule quand la vie me quitterait.

Non seulement j'ai survécu, je suis devenue la combattive, l'audacieuse, la fonceuse qui n'a pas peur des risques. J'étais toujours prête à dégainer d'une seule main ; l'autre étant occupée à tenir le bouclier blindé que je m'étais forgé pour protéger ma vulnérabilité.

Puis, mes défenses ont fondu devant celui que je croyais être l'homme de ma vie pour ensuite disparaître à l'instant où mon bébé est sorti de moi. J'étais totalement désarmée quand mon mari m'a battue et anéantie quand il m'a volé mon enfant. J'ai souffert de cet arrachement plus que tous les rejets réunis.

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